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Renforcer la surveillance en période d’insécurité dans le complexe W-Arly-Pendjari, Niger

Le site du patrimoine mondial du complexe W-Arly-Pendjari est un mosaïque de neuf aires protégées réparties sur trois pays : le Bénin, le Burkina Faso et le Niger. À la fin de l’année 2022, le suivi régulier a révélé une augmentation soudaine et marquée des activités illégales, notamment le braconnage, l’exploitation forestière illégale, les incendies criminels et les incursions de groupes armés. La Rapid Response Facility (RRF) a accordé un financement à Wild Africa Conservation pour renforcer le suivi dans les zones les plus exposées au braconnage et mettre en place un mécanisme de réponse rapide face à ces activités illégales.

Les neuf aires protégées du complexe W-Arly-Pendjari couvrent 1 714 831 hectares, formant le plus vaste et le plus important continuum d’écosystèmes terrestres, semi-aquatiques et aquatiques dans la zone de savane d’Afrique de l’Ouest.

Ce complexe constitue un habitat essentiel pour de nombreuses espèces fortement menacées, dont la plus grande population d’éléphants d’Afrique de l’Ouest, le lamantin d’Afrique, le guépard, le léopard et l’antilope topi. Il abrite également la seule population viable de lions dans la région.

L’urgence

Fin 2022, l’insécurité dans la région limitait la capacité des autorités nationales et de leurs partenaires à assurer les activités de surveillance et de protection du parc. Cette capacité restreinte a entraîné une hausse des activités illégales (braconnage, coupes de bois illégales, incendies volontaires), les auteurs sachant qu’ils avaient peu de chances d’être repérés.

La réponse

Wild Africa Conservation a utilisé les fonds du RRF pour déployer 53 pièges photographiques, permettant de recueillir des informations essentielles sur les activités illégales (braconnage, déforestation, incendies volontaires) et de suivre la présence de plusieurs espèces sauvages. Après quatre missions de récupération, plus de 65 000 photos ont été collectées, permettant d’orienter les patrouilles vers les zones les plus touchées.

Le financement a également permis la mise en place d’un système de réponse rapide, incluant la fourniture de ressources essentielles et la formation de 65 éco-gardes pour mener des patrouilles contre les activités illégales. Les premières patrouilles ont débuté en février 2023 et ont couvert plus de 4 500 km au cours des quatre premiers mois.

Grâce à ces mesures, les informations sur les activités illégales ont pu être collectées plus rapidement dans tout le parc. Au total, 95 signalements ont été enregistrés et 31 arrestations ont eu lieu.

Le financement de la RRF a permis de mettre en œuvre des actions rapides pour faire face à l’augmentation soudaine des activités illégales. La rapidité du processus décisionnel a permis de lancer les opérations avant le début de la saison sèche, période pendant laquelle le braconnage a tendance à augmenter en raison de la concentration d’animaux autour des points d’eau.